Historiographie
Annexes facultatives


La souillure et l’impureté sont des choses dont les Kōgotenjin se préservent avant toute autre. L’état qui en découle plus largement est désigné par les termes kegare et tsumi. Ils sont considérés comme des états d’avilissement capables de contaminer autrui par le contact avec toute forme de mort, de maladie et du sang ou ce qui aura provoqué ces derniers. Ils imposent aux infectés et responsables de s’abstenir de toute fréquentation pendant une période donnée afin de ne pas propager leur impureté. Il est important de considérer que le kegare n’est pas un jugement moral : il s’agit d’une réaction immédiate aux formes naturelles amorales. Qu’elle soit à l’origine d’un acte délibéré (un crime, la maladie ou la mort) n’influe pas dans sa gravité : la souillure n’est pas un péché.

Ainsi, la mort et le sang sont les principales causes du kegare et le Sūhai les écarte énormément de ses Kami. De cette façon, les souillés sont interdits de passage au sein des temples en fonction de la cause de l’impureté. La perte d’un membre de la famille, par exemple, refuse ainsi à cette dernière de visiter les lieux saint durant un mois suivant les obsèques. Les plus nobles pourront s’octroyer les services d’un prêtre qui viendra à eux plutôt que l’opposé afin d’éliminer la marque spirituelle qui les afflige. Pour autre exemple, un éleveur ayant perdu une de ses bêtes devra s’abstenir de se présenter aux temples durant une semaine, tout comme les parents d’un nouveau-né. La naissance animale impose aux paysans un retrait de trois jours, tout comme la consommation de viande rouge.

Quelque soit la forme de la souillure, une fois la période de retraite respectée, les différents rituels de purification se doivent d’être pratiqués pour éliminer la tache sur l’âme de l'intéressé.

Pour en savoir plus sur les rituels concernés, consultez le sujet annexe : Rites religieux.

Les Samurai et leurs ashigaru, ainsi que les duellistes ne sont pas exempts de ces règles. Entourés par la mort et le sang durant les conflits, leur cas est néanmoins pondéré par le jugement céleste dont ils sont le bras armé. Ce sacrifice nécessaire les oblige cependant à pratiquer les rituels de purification immédiatement après les combats menés. Il n’est pas rare de trouver un prêtre présent durant un duel afin d’éviter toute propagation de souillure aux acteurs et aux témoins de ce dernier. De même, au sortir d’une bataille, chaque faction aura la présence d’esprit d’être accompagné par des membres du culte du Sūhai.

Le tsumi désigne quant à lui ce qui n’est pas souhaitable pour la communauté. Le meurtre, l’inceste, les actes de malédiction avec le sacrifice des animaux, mais aussi la perte d’un membre, l’entrave à la culture et la destruction de biens communautaires (canaux de rizières, fermes…) sont tout autant de sources appellant au kegare. La cérémonie du harae peut réhabiliter l’auteur à condition d’une offrande correspondant à la gravité de son offense et au statut du souillé.