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Yagyū Oichi
Reitekina Tochi-jin
Reitekina Tochi-jin
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Jeu 8 Juil - 16:02
  
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  • Yagyū Oichi (柳生小妷) - anciennement Kokukaku (黒角)

  • Hakutaku femelle, 32 ans (née en 1245)

  • sōhei & archiviste itinérante

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« Les vieux pêchés étendent loin leur ombre. »


脆弱優位 (seishaku-yūi = fragile avantage)
Créature du discernement, ses neufs yeux permettent un autre regard sur le monde. Et dans une moindre mesure d’élargir son champ de perception. Leur emplacement octroie en effet peu d’angles morts, si ces iris secondaires ne sont pas obstrués. Ce qui est le cas souvent. Or ils deviennent autant de faiblesses, des cibles aussi sensibles que flagrantes. Elle peut d’ailleurs les faire bouger suivant son état de concentration. Mais un tel afflux d’informations s’avère difficile à gérer, l’esprit s’embrouille. Cela se traduit par vite par une mauvaise coordination des mouvements et finir confuse. De plus, chaque paupières doit battre et se clore après quelques secondes, tels ceux communs. La douleur suit toute négligence puis étiole voire démolit le contrôle des autres, déjà difficile à rythmer en matière de clignement. Et faire fi du raisonnable, soit dix seconde, laissera d'autant plus démunie, aveugle suivant l'insistance commise (la part de transgression) ; l’œil trop sollicité ne pouvant se rouvrir preste.


Physique & caractère
Lorsque rien ne vous échappe, des rictus aux constats terribles, n’aimeriez-vous pas aussi clore des paupières ? Certes incapable de s’abandonner au négationnisme. Mais quelle âme aimerait voir les horreurs de ce monde, mieux qu’aucun autre mortel ? Surtout pas les messes basses et vils sourires ou actes de trahison. Une trop bonne vigie. Jadis ardue à surprendre, dès lors borgne. Son ancienne nonchalance mettait mal à l’aise, autant qu’il y d’embarras d’être vu en bête de foire. Quelqu’un qui se mêle de choses que la multitude ne remarque pas, même les banales (chapardage, triche, filer en douce…). Moins délateuse qu’autrefois. Craintive des lynchages et inimitiés.

Gâtée par la génétique ou la providence divine, la mignonette affiche sa chevelure soyeuse comme ses cornes témointes d’un scrupuleux entretien. Outre la gauche un brin ébréchée qui motive des sursauts d’angoisse pour un rien. Car un épi désarçonne, dérange à l’instar de salissures et tissus qu’on abîme. Elle ne déplore pas même son troisième œil -frontal- mais le dissimule sous sa frange. Sorte de cicatrice verticale qui pourrait bien vous transpercer l’âme d’un éclat inquisiteur [carmin]. Mademoiselle procède ainsi à regret, puisque sa simple vision perturbe du primate. Et puis l’avoir en réserve lui assure un dernier recours. Deux iris suffisent, les siens d’améthyste. Une manière de vivre en toute simplicité. Peu invasive. Vertueuse, fort polie et délicate. Timide.

Une chimère gaffeuse, maladroite, qui s’essaye à devenir gracile. Seule, sinon unique. La petite culmine à un mètre cinquante-deux pour quelques quarante kilogrammes, avec une musculature fine, discrète. Et miss mèches mauves pense porter chance du fait de sa rareté, tandis que sa qualité d’auguste présage s’apprête plutôt à ses élans d’altruisme. Généreuse, serviable, téméraire.

Cette créature sacrée, dans une moindre mesure, a vécu au plus proche du semblant de société yōkai, aussi voue-t’elle un indéfectible respect à ses congénères et pontes qui la structurent. N’étant qu’une apôtre -à l’instar de colporteuse de la connaissance-, elle œuvre surtout à la sauvegarde de ce patrimoine. Car il incombe à chacun d’en finir avec l’obscurantisme, ce fléau des races. Oichi souhaite ainsi devenir [un] sage, aspirant à l’érudition et l’harmonie spirituelle. Car le silence de Seigneur Lune s’avère équivoque. Qui donc en saurait digne et daignera dissiper ses doutes ?

D’une admiration sans borne pour la Nature, mademoiselle affiche aussi une forme de curiosité maladive pour la culture humaine, virant presque au fétichisme. Obsession sanguine. D’où des mimiques et postures théâtrales, mais encore parfois une connaissance académique sur l’art et les récits épiques. Encline à s’improviser conteuse pour la marmaille comme au coin d’un feu de camp, malgré sa frousse notoire des kaidan (histoires de fantômes, et donc d’horreur). Moralisatrice, pédagogue. Pour peu pédante. Diplomate, car elle rechigne aux combats.

Une grande pudeur l’empêche de dévoiler sa véritable nature, tout du moins d’exhiber les multiples globes qui parsèment sa chair. Deux en traviole sur la ligne des reins (dans le dos), un au creux du thorax, les derniers sur le haut des cuisses (vers l’extérieur). Alors haptophobe. La gardienne du savoir redoute que quiconque les touche, voire crève. Consciente de paraître laide aux humains.

L’hakutaku affecte un émerveillement total envers les provinces humaines, des mœurs au savoir détenu. Une tentation terrible que d’arpenter cet autre monde, si vaste et riche. Sa soif frugale. Elle s’efforce de comprendre ce qui sépare et réuni les factions, si complexes, sans avoir de préférence ou d’affinité. À vrai dire, le cas des manjushage la chagrine. Leur maître sévissait encore à leur refuser retour et cohabitation. Sans doute l’expérience d’intégration ailleurs lèvera ce châtiment, un jour, une fois les dieux satisfaits de chacun. Elle abomine ses écarts mentaux. Fut-ce un blasphème minime. Sachant que Tsukuyomi la laisse se tourmenter. Personne n’a de réponse catégorique.

Et difficile de se prononcer à propos de la secte lunaire. Est-ce la volonté de son maître ou une mauvaise interprétation de ses enseignements, voire le fanatisme jaloux qui conduit vers la troisième guerre ? Achevant de balayer les efforts [inter-espèces] prolifiques. Chose qu’il lui arrive de croire dans les heures sombres, et motive une enquête malhabile auprès d’onmiōji et autres bonzes. Car le règne d’une nuit perpétuelle ne parut pas différent des ténèbres qu’apporteraient l’invasion de la horde retenue par ses puissants frères et l’indéfectible kokkyou kyuuden. Le dernier rempart, l’angoisse première. L’avenir la terrorise et agite ses nuits, comme pour punir sa foi vacillante. Elle ambitionne donc la destruction des sectes, sans plus d’effusions et de haine.


Héritage
Une bicoque dans l'Avenue des Dieux.


Histoire
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La misère des diables n’émeut point les hommes ni les dieux. Tous ignares ou aveugles aux déboires de congénères conspuées par-delà ce refuge à qui tous, ou presque, désirent rendre grâce et rebâtir d’un labeur méritoire, sinon expiatif. La vie est dure mais paisible au Reitekina Tochi, ou bien mademoiselle ne remarqua rien des astuces vers la facilité. Quoiqu’épargnée, au fond, du fait d’un statut spécifique. Peu intuitive, moins encore sagace. D’où son absence de talent aux négoces et diverses tactiques, en témoigne de rares victoires aux jeux et devinettes dont raffole sa tutrice.

Une douce femme qui souffrait de la solitude en sa vocation monastique, avant l’arrivée de cette frimousse déjà éprise de l’habit sacré. Ce long apprentissage de la vie d’ascète permit quelque peu d’atténuer migraines et tracas par la méditation. Puisque sa cervelle cogita toujours trop, à en perdre le sommeil mais aussi la conduire au surmenage. Un démon de curiosité.

Corne-noire la désignait à l’encontre de sa sous-espèce, comme s’il lui fallut accomplir le dessin de son maître pour que blanchissent ses excroissances osseuses. Voire quelque exploit similaire. Allant jusqu’à envier l’éminence spirituelle de la ville, itako paisible en son limpide destin.

Notre héroïne apparut au printemps de l’an de grâce 1245, soit la quatre-vingtième-cinquième année de l’ère Teisen. Elle résida toute son enfance dans les alentours du palais et l’avenue des dieux, dont le havre devint difficile à dénigrer. Même pour gamberger dans les montagnes ou la jungle. Ses pas fébriles la menèrent pourtant vers l’est et le dernier fort (saigo no rui), place d’asile du grand exode. La majesté des lieux alliée à l’organique effort de préservation architecturale l’incita aux découvertes et voyages. Ne serait-ce qu’à travers le territoire des ombres, devant regorger d’autres merveilles.

Sa [piètre] poésie fit plus tard honneur à ces choses, avec des odes nocturnes et aux bienfaits du ciel. Outre quoi, une vieille habitude lui valut réprimandes. Esquisser le divin en mignon lagomorphe. Fantaisie pérenne qui put vexer son seigneur. Une adepte à peine farfelue.

La lune sur l'eau,
Tournoient ensemble des carpes
Autour du reflet.

L’unique eut pour premier ami un maneki-neko, taquin. Nobuhiko, l’ancien animal d’un marchand célèbre. Sorte de grand-frère porté sur la farce. Il en avait vu des choses sur les routes de l’empire, et séduisit maintes fois la marmaille par ses récits en tout genre. Elle se prit au jeu d’écrire les mémoires du chat, avec humour et digressions. Sans pouvoir peindre. Des fois qu’il lui prenne l’envie de se produire sur scène, mademoiselle hélas trop timide pour y concourir.

La petite hakutaku sentit un fardeau lui peser dès sa tendre jeunesse. Le genre d’attribution qui échoit aux favoris des dieux, or le patron nocturne n’accorda jamais tant de crédit aux membres de sa race. Encore une croyance juvénile. Elle s’échina de devenir la médiatrice des reclus, tel un certain modèle, messire Ugetsu. Si charmeur, idéal. Consentirait-il à lui faire leçon ?

Studieuse aux études des civilisations -locales, comme extérieures ou révolues- et archives manjushage que son peuple rassembla au mieux, cette peu dégourdie tint pourtant à soulager l’effort d’entretient du palais et de temples verdies, vétustes. Songeant que c’était la moindre des choses d’être active. Utile, prompte à démontrer une infinie gratitude.

Et sa mémoire eidétique, dite d’absolue, passa pour don de Tsukiyomi. Mais cette soif de savoir, même anecdotique, l’assaillit tôt de migraines intempestives. Une expérience pénible la perturbait des mois durant sur sa quinzième année. L’enfer de cauchemars intacts, d’affreuses réminiscences.

L’innocence alla se perdre nombres fois au détour des gorges de l’oubli, lors d’excursions toujours plus audacieuses et intrépides, comme on avait le désir d’étendre sa connaissance des environs. Une exploratrice incapable de concevoir les périls de l’ouest profond, pire aux ravins des montagnes escarpées. Or cette dégringolade de l’abîme en mauvaise spéléologue, à la recherche du peuple cavernicole, empourpra un waira. Assoupi au seuil d’un tacchū, fut-ce profane. Saruta-Hiko attendait-il qu’on l’en déloge et vénère d’aventure? La bête hideuse et difforme l’emplit d’épouvante par son seul grondement, puis entonna une poursuite au bord du précipice. La petiote alors puérile en son escapade. Gourde et hystérique, démunie. Elle tenta pourtant de discourir, en vain. La panique blesse à gravir des flancs abruptes, qui vous recrache et cogne au moindre relief. On faillit se rompre le cou, s’éclater le dos, tandis que s’échinaient doigts et orteils dans l’ascension infructueuse.

L’autre sembla s’en délecter, gaussa. Puis survint l’espérance au-delà des pleurs. Son brave compère se porta [preste] à sa rescousse, averti par quelque intuition ou flair. Usant de cordes pour distraire le monstre. Tous revinrent vers le piteux temple. Ce félin pensa pouvoir provoquer la chute de son détracteur, de part sa veine ou pure agilité. Et le hasard desservît. Infortune pareille à son abandon. Kokukaku poussa ce nigaud et reçut la frappe, stigmate qui entache toujours sa corne gauche. Rappel de l’imprudence, mais aussi la marque du brave. Esprit de sacrifice sévèrement réprimandé par la suite. Le mâle réussit par un obscur procédé à vaincre. La corniche dut céder sous la fureur des labours. Pauvre bête. Une bien triste fin. La gamine s’en voulut et pria pour l’âme dérangée. Culpabilité encore vivace. Sans faire blâme au chat. Elle se mit en devoir d’y remédier, ne rentrant qu’au soir, après avoir accomplit un rite funéraire décent. Parvenir aux tréfonds du canyon l’éleva, fit grandir. Mâture dans la douleur.

Au dernier baroud,
L'atteignent enfin les pleurs.
Un regret tardif.

Sa mère inquiète lui dépêcha un précepteur de kenpō, mâle sec et intransigeant. Sévère professeur pourtant bénéfique, sage. Médecin de l’âme. Alors astreinte aux séances régulières, pénibles, vers l’apprentissage des bases du combat. Afin de savoir se défendre, vaincre sa peur et avoir des réflexes qui sauvent. Ses poings frissonnèrent à l’idée d’une gaffe, lorsque des appuis flanchaient face aux implacables rudoieries. Avec le sanglot du trouble. Plutôt finir démolie que meurtrir quiconque. Chose qui achèverait une génitrice malade. Kūkai lui dit alors que seul l’usage déterminait la finitude, néfaste ou bienfaitrice. Des sermons cinglants. Il parut viable -au terme de cette longue thérapie- de concilier pacifisme et besoin de talents [martiaux] rudimentaires.

Un orgueilleux otoroshi s’accapara l’année suivante (1264) le sanctuaire restitué au divin, comme s’il s’avérait susceptible de mieux l’honorer. Outrage qui le châtia en la présence d’un waniguchi, prêtant assistance à la gamine gauche et vaine qui entretint l’édifice au mépris des consignes. Par pénitence. L’inepte médiatrice se heurtait à une gueule béante et le teint livide des âmes tenaillées par la faim. Vagabond malade et hargneux, il se rebiffa contre une mâchoire juvénile et territoriale. La bicorne essuya peu ses vains assauts, hagards, balourds, et insista d’offrandes, tandis qu’il fut ardu d’apaiser l’un et l’autre. Individus bornés, farouches. Même le félin se voulait perplexe.

D’une aide pourtant cruciale, escorte pivoine. Certes, trois maigres mets ne rassasièrent personne. Aussi revint-elle peu après, avec la promesse de satisfaire chaque parti. Et son altruisme atteignit les bêtes, or exhausser le caprice du tsukumogami laissa hilare. Trop jeune pour s’établir avec ce poupon source d’embarras. Plus miko que mère. La gamine indiqua juste la localisation d’un temple troglodyte. Beaucoup plus bas, dissimulé dans l’autre versant du gouffre par un éboulis. Étroit hélas. Résolue à en faire le gardien. Monsieur déclama soudain son nom par respect (Katasuke), puis la cloche à crocs fit caprice, attendit qu’on lui en octroie. Elle s’exécuta preste, sans une once d’hésitation. Louant sa hardiesse : Takuan.

La bande s’y rendit après une bonne semaine, délai de recherches aux archives comme auprès de fins connaisseurs. Il s’agissait d’un ancien autel de tribu chimi ayant fait surface vers 1224. Les chroniques et mémoires relatèrent certains affrontements désastreux à l’aube des nouveaux villages, où des apparitions d’ogres et divers onryō manjushage semaient grabuge. Sa mère aida naguère les champions du Conseil ou autres braves, et n’en sortit pas indemne. Ce peuple des montagnes s’avéra rétif au retour. La petiote placide n’entreprit pas de convaincre, juste savoir comment aborder l’endroit, ainsi qu’être encadrée dans son initiative. Ne fut-ce qu’avoir l’approbation de l’itako pour le pénétrer puis entretenir, avec l’otoroshi en guise de veilleur.

Un troisième tacchū s’érigea dans le silence, au sommet d’un pic d’izanagi no kiba. De sa propre initiative, afin d’adresser une demande. Gekkō-ji (月光寺), modeste temple [dédié au dieu nocturne] qu’on baptisa clair de lune à le voir mieux éclairé qu’aucune autre pierre aux alentours, fut béni au travers de fastidieux rites. Divagua-t’elle sous l’emprise de la fatigue à force de charrier pierres et poutres rustiques avec peu d’aide ? Les badauds ne surent que penser de cet acte. L’autel médiocre ne lui apporta nulle réponse, toujours à la dérive avec ses fâcheuses incertitudes. La répudia-t’il ?

Cette chimère s’ahana ainsi plusieurs années à gravir et attendre un signe, lors de longues séances rituelles tandis que la faim ou autres épreuves décharnèrent son enveloppe chétive. Personne ne parvint à lui faire cesser ces privations ni cette marche, elle fuguait pour s’y rendre. Alors ses suiveurs la veillèrent, l’escortaient, las de subir ce début de démence. Comme une crise de foi. Sourdes aux suppliques et reproches, comme insensible aux affectueuses morsures contre ce stupide déclin.

L’émissaire des pontes vint en personne exprimer leur souci à son égard, de sorte que l’homme accède à sa requête par l’entremise d’une audience avec sa génitrice. Et si corne-noire s’en voulut de lui apparaître piteuse, lui ne vit qu’une dévotion trop hâtive. Le venin espoir giclait à foison alors qu’elle rechigna peu d’hanter ses pas quelques semaines, et voir où se rendre utile. N’était-ce pas l’accaparer, être un fardeau ? Que nenni, au contraire, acheva-t’il de convaincre.

Rose éclosion,
Un tourbillon de pétales
Chasse les tracas.

La moniale fit moultes rencontres sur ses vingt-et-un printemps. Des entretiens qui sortaient de l’ordinaire, pressée d’intervenir en certaines occasions. Sans devenir disciple ni scribe attitrée. Une recherche de voie alternative à tâtons, conciliable avec ses vœux. Elle composa de meilleurs poèmes, pas encore idéaux ni matures, mais qui émurent au moins le principal concerné, plein d’embarras.
La jeune hakutaku, forte d’un vaste savoir et apprentissage martial satisfaisant -pour trois juges- put prétendre au grand voyage, la découverte des provinces humaines sous leurs moindres aspects, afin d’entreprendre la rédaction de chroniques denses, propices au fignolage de la société recluse. Avec le récit intime de ces pérégrinations. Mais une attache la retint, la crainte de faire affront à Celui qu’elle s’échina de solliciter certains soirs, parmi les tourments de ses doutes.

Le temple vétuste d’aventure démoli par la tempête en lieu et place d’un vandale ivrogne oni, la petite l’interpréta comme un signe. L’invitation au départ. Tous l’enjouèrent au pèlerinage -prétexte- pour parfaire sa formation de sōhei, et concrétiser son projet. Dût-elle alors prêter allégeance au clan renge, soutien des cultistes ? Au risque d’avoir à prendre parti en cas de querelles. Sa mère et d’autres lui conseillèrent plutôt d’affecter la sympathie, d’abord sujette de l’impératrice.

Son départ se fit au printemps 1268, en compagnie d’un félin porte-bonheur, par le col de la crête des glaciers. Contournant la ville de Naiseishin dans un premier temps. La bicorne y impressionna les gardes frontières après en avoir désarmé un, sans le meurtrir. Méprise. Une profane de l’habit sacré sévît depuis des jours à travers les hameaux-relais, et blessa même le responsable des patrouilles (hanka) alors alité. Dupe intolérable, ses viscères l’ébrouant d’une colère méconnue. La paire s’engagea ainsi dans la poursuite d’une scélérate décrite comme bien amochée, en témoigna le vestige d’aile qu’emporta le brave escrimeur difficile à convaincre. Il sut lire l’authentique navrance. Son physique loin de la charmeuse prédatrice, et puis sa petite enquête permit d’identifier l’ennemi. Une hino-enma. Elle voulu connaître sa version des faits, savoir la cause du grabuge, et présuma en sourdine de l’innocence. Car il subsista l’éventualité d’une maladresse humaine.

D’autres congénères durent se heurter à des quiproquo terribles et appréhensions hostiles durant ce siècle de cohabitation -pour peu invasif-, certains physiques ou carrures et pouvoirs n’instillent pas une confiance subite. Bien lotie d’ailleurs. Elle conçût naguère avec difficulté qu’un ogre s’installe en lisière de son village, or sa minuscule et naïve bouille fit l’effort d’une rencontre, d’apprendre qui se dissimula sous le mirage. Précieuse leçon berçant sa traque, once d’espérance émousse-poings, tandis que la troupe de pisteurs en cuirasse dévala pics et vallées battues par d’âpres bourrasques et la froidure. Ils recueillirent maints témoignages corroborant le blâme, entre chapardages et suppliques trompeuses. Partiale vindicte populaire.

L’horreur d’une scène brisa notre héroïne. L’estropiée se balançait depuis des heures au bout d’une corde, inerte, tabassée. Ces montagnards abattirent la gémiarde, gaussèrent sa dépouille famélique. D’imbéciles patriotes. Ils dardaient la cornue et l’auraient aussi pendue sans son escorte, mais l’affaire ne fut pas close. Un olibrius dit venger l’autre et se terra dans le vaste réseau de cavernes afin d’échapper aux représailles. Peut-être n’était-ce pas trop tard pour savoir qui fustiger. Recherche de longue haleine, des semaines rythmées par la prière. Le yamachichi se résigna sur la berge du grand lac, las d’une vive désillusion. Certes espiègle et taquine, surtout déçue des premiers contacts [humains], la gamine qu’il pensa recueillir ne méritait point son sort. Des aveux déchirants. Amère impasse. Kokukaku ne put le sauver, lui ne voulant pas. S’effondrant en pleurs, incomprise.

Le noble singe l’eut incité à la méfiance, éprouva ses convictions, l’altruisme, lorsque son camarade tint à ramener seul le cadavre en sa patrie (le lendemain de sa découverte). Pour de plus dignes funérailles, en dépit de l’embarras expiatif des autorités locales. Admettre la bourde fut appréciable, mais une mère attendit le retour de l’enfant perdue. La petite prêtresse hagarde sans son ami. Il revint vite l’en délivrer, non pas prisonnière des instances du chef-lieu.  Elle put procéder aux rites funéraires [de l’ermite], assistant un haut prêtre ému que ne fuse pas de blâme.

Seigneur Lune vient,
Effleure les reflets bleus.
Toise son dépit.

Si mademoiselle ne surmonta guère sa propre culpabilité, convaincue d’avoir été trop lente, elle s’effraya autant que l’écœurait sa déveine. Recluse, minable avec ses doutes, à moitié hystérique lors d’oraisons harassantes. Les paroles d’un aîné revinrent marteler ce devoir de vivre. L’infortune se substitua malencontreusement à l’inéluctable première embûche, ces figures spectrales purent simplement la maintenir à flot, lui tendre la main. Libre de revenir sans voir l’ensemble. Ne s’était-elle pas abreuver des nuances ? Une gifle de réalisme, difficile de faire le vide.

Aucun renoncement ni abandon, se lamenter apparut égoïste. Son voyage devait reprendre. Craindre l’échec ne dispensait pas de fournir l’effort de tentatives, l’une après l’autre. Même s’il est impossible de sauver chacun ou se préserver des errances, rabâchèrent plusieurs voix mêlées. Leçon bien cruelle à admettre. Ce voyage l’embarquait sur les routes d’une création imparfaite, tout du moins régie par des êtres faillibles. Les dieux n’y trouvaient-ils à redire ? Ce constat concourut peut-être à démoraliser Saruta-hiko, pas encore rabiboché avec les nomades.

Son chaperon maneki-neko la rétablit au rythme préparatif d’une fastidieuse expédition. Et le débat spontané naquît d’une mise en garde, à propos de la politique d’emprunt des routes impériales. Concevant l’aspect sécuritaire au-delà du privilège social, demeurait une indéniable injustice. Mais elle ne s’en plaignit pas plus, une randonneuse prête aux petits écarts. Les chemins tranquilles ou balisés ne l’amusaient pas, aussi s’adonna-t’on encore aux détours raisonnables.

À l’été suivant, elle entama le parcourt de l’ouest profond, à la découverte du meilleur de l’Homme, tel l’enseignement des écoles publiques ; jusqu’à rebrousser chemin à la frontière des lances, par pure réticence des regards caustiques. Trois belles années de thérapie où fut possible de se rendre utile. Il lui plut ainsi d’assister à des célébrations nationales, comme une aide apportée aux jeunes danseurs d’un patelin au dernier soir de la fête des morts, et menus services de temples. Débuta en parallèle une longue enquête sinon traque sur la secte lunaire, intriguée de savoir si le saint patron se confia aux humains. Qu’espérait-il encore d’elle, une médiation scabreuse ?

Vers l’automne (1272) ses pas s’enfoncèrent dans le bois opalin, en territoire kuroyuri, pour constater la formidable cohabitation des forestiers avec senbiki-ōkami. Légion lupine de solitaires. Curieuse de connaître la raison qui éclate la meute depuis des temps immémoriaux. Par souci de commodité envers la Cour et le shogun, redoutant qu’un jour se liguent ces bêtes contre eux ? Sorte d’entente glauque et si vieille que chacun oublia cette preuve de bonne foi envers l’humanité. Simple hypothèse qu’on n’osa trop suggérer, de peur d’une vexation virulente, tandis que sa route s’accommoda d’une myriade d’entretiens avec les indigènes, la renseignant sur divers détails à consigner pour un chapitre spécifique. Citant certains avec leur accord, sinon anonymisés.

Quatre saisons passèrent des berges aux trois circonscriptions mauves, dans l’ironie de fuite des typhons pour endurer l’affreux cagnard ; et tenir en échec des canailles détrousse-marchand aux abords de Kōsaten. L’ingérence commise, elle se retira -un temps- loin de la civilisation. Fascinée, conquise. L’étude des tombes à l’écart (ikihakaba) motivait communion spirituelle, d’une part afin de revenir à ses origines mais aussi avoir l’accord de remédier au déclin d’un patrimoine. N’était-ce pas un devoir de se recueillir et d’honorer des aïeux, tristes victimes de l’oubli ?

La bicorne ne s’émerveilla pas moins en terre rose, du modeste atelier de teinture au musée Ouka. Les termes avaient une saveur singulière, leurs confins aussi sobres et conviviaux qu’en renge-ryō. Parvenir chez les sakura en début d’année lui permit d’appréhender sous un autre angle la question des coutumes. Suivant celle d’avoir un nom d’adulte, forte d’essais multiples aux épreuves des trois clans. Forgée par ses tribulations, l’hakutaku n’hésita qu’entre les idéogrammes 獝, en rapport avec sa face d’ogresse, et 妷 afin d’évoquer la modestie d’une dame. Allié au mignon rappel de sa petitesse. Minuscule et humble. S’évitant ainsi le sobriquet d’évasive. Et Akari -la lumineuse- parut présomptueux. Oichi sonnait doux, simple. Et il plut à ses proches.

Il lui fallut d’ailleurs s’en retourner au bercail durant l’année 1276, surchargée de besaces à rouleaux. Ce fut l’occasion de revoir bien des figures, qui lui manquèrent, et faire le point sur l’avancée de son objectif, mais encore débats divers et discussions à propos d’un apport systémique. Se ressourcer aux temples -et voir ses amis-, solliciter les instances religieuses  au cas où elles eurent la réponse des attentes du saint patron, puis rebâtir le Gekkō-ji (dans les crocs d’Izanagi) avec les chimi.

L’attendait ensuite une âpre et longue escalade printanière du sommet de l’aurore, au sud de la cité impériale, après qu’un aubergiste l’escroqua et une bande de vauriens guère rude la détrousse durant sa halte en Yanagikō. Elle pardonna puis défendit ces derniers, clamant par vive compassion que leur misère s’avéra pire qu’un vol dérisoire. C’est d’attention qu’ils méritaient, une main tendue.


Hauts faits et renommée de la famille directe
(je ne sais pas quoi mettre)


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Kotoamatsu
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Jeu 8 Juil - 22:51
  

Encore un petit effort...

Une très jolie fiche que voilà, noté de ta singulière et chantante plume. Le détail que l'on trouve à chaque paragraphe est un véritable enchantement, mais puisque nous parlons de vétilles, en voici quelques unes que nous avons relevé :

脆弱優位 (SEISHAKU-YŪI = FRAGILE AVANTAGE)

Les bénédictions des Kogoshii tout comme les dons des yokais sont soumis aux règles suivantes : Effet, limite, contrepartie. En lisant la description de celui de Oichi, nous comprenons que :
- Effet : Ses neuf yeux lui permettent de palier à ses angles morts lorsqu'elle fait appel à eux.
(Effet secondaire, mais acceptable : elle peut les faire mouvoir sur l'ensemble de son corps afin de parvenir à l'apogée de cette capacité).

- Limite : Son état de concentration est intrinsèquement lié à l'efficacité du mouvement possible qu'elle offre à ses yeux, de plus, ce sont des cibles évidentes et fragiles. Enfin, les informations reçues sont très nombreuses et nous amènent à la contrepartie. Il nous manque la durée de l'effet, car aucun don n'est éternel.

- Contrepartie : Ici, il est indiqué "risque de" [mauvaise coordination des mouvements ou...]. Une contrepartie, c'est du 100% sûr, cela arrive, ce n'est pas un risque, c'est un fait avéré qui se produit.

Rien de bien méchant ici, mais à clarifier tout de même.

PHYSIQUE & CARACTÈRE

Gâtée par la génétique ou la providence divine, la démone affiche sa chevelure soyeuse comme ses cornes témointes d’un scrupuleux entretien.
Quid de "la démone" ? Tu as juste voulu jouer sur les mots ? Si ce n'est pas le cas, le Hakutaku n'est point un démon !

HISTOIRE
Notre héroïne naquît au printemps de l’an de grâce 1245, soit la quatre-vingtième-cinquième année de l’ère Teisen.
Si Oichi est une Hakutaku, c'est une créature 100% spirituelle, non née de la Terre, mais du domaine des esprit (à comprendre ici le Takama-ga-hara en ce qui la concerne, ainsi que le Yomi ou le Jigoku). Après quoi, si par naissance tu as voulu indiquer "son arrivée au Kogoten + le fait qu'elle ait une enveloppe mortelle qui croit dans le monde des vivants", c'est tout bon. Sinon, nous te conseillons de tourner cette partie de l'histoire comme ce que nous venons d'indiquer entre guillemets.

Il n'est rien dans la suite qui ne soit à relever, sinon à saluer par la profondeur du lore que tu apportes et le respect de celui déjà existant. Une fois le peu de correction et éclaircissement à apporter à cette fiche, nous serons ravi de voir Oichi poursuivre ses pérégrinations !



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Kotoamatsu
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Ven 23 Juil - 21:49
  
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Bienvenue à Kōgoten. Maintenant que tu es validé, tu es vivement encouragé à ouvrir ton carnet de jeu afin d'établir un résumé pour les autres joueurs ainsi qu'un suivi RP. Si ton personnage est lettré, tu peux également ouvrir un sujet de correspondance dans lequel d'autres personnages pourront t'écrire. Enfin, tu peux ouvrir une demande de RP sur le forum ou directement sur notre Discord.

Amuse-toi bien !


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